Naviguer au Guatemala – Rio Dulce et lac Izabal

Le Rio Dulce est incontestablement le meilleur endroit pour hiverner un voilier côté ouest de la mer des Caraïbes. C’est aussi un très bel endroit pour naviguer jusqu’au lac Izabal.

Un régal pour les yeux, un havre pour les voiliers

"Rio Dulce Guatemala"
C’est au petit matin que le Rio Dulce est le plus agréable à descendre.

En espagnol, dulce signifie doux. En Amérique latine, on emploie souvent le mot pour parler de pâtisseries ou de friandises. Le Rio Dulce c’est un peu tout cela à la fois ! Il s’est tant immiscé dans la vie des hommes, qu’il a donné son nom à la petite bourgade de Frontera, devenue pour la majorité des navigateurs « Rio Dulce ». C’est la seule voie de communication pour les habitants des villages implantés sur ses berges, entre Frontera et Livingston.

"pic sur cocotier"
Notre réveil, un pic.

Située à la jonction du Rio Dulce et du lac Izabal, la ville de Frontera ne présente aucun attrait, si ce n’est son animation permanente.  Sis à côté du seul pont, qui permet de passer d’une rive à l’autre, c’est un lieu de transition par excellence où les camions, les bus, les automobiles, les motos et les tuc-tuc revendiquent la place  aux commerçants qui déballent sur le bord de la route, dans une sorte de marché quasi-permanent. C’est aussi le dernier point d’embarquement pour rallier Livingston, sur la côte Caraïbes. A Frontera, se rejoignent les navigateurs en provenance de la vieille Europe et ceux qui arrivent des Etats-Unis ou du Canada.

Les uns et les autres découvrent le rio Dulce, en le remontant, de la mer des Caraïbes jusqu’aux marinas de Frontera, où ils peuvent laisser leurs bateaux pendant la saison cyclonique.  C’est ainsi que ce fleuve s’est livré, dans ses plus beaux atours, à  Captain’Chris et à Jonathan, lorsqu’ils  ont conduits Chiloe, notre catamaran, dans ses bouts d’hivernage, en mai 2012.

Arrivée au Guatemala en décembre, par avion, j’ai d’abord fait connaissance avec la petite bourgade de Frontera, par la terre. De l’hôtel où nous avons passé la première semaine, nous avions une vue imprenable sur le fleuve et son incomparable faune. Chaque matin, nous étions réveillés par un pic, qui martyrisait le palmier situé juste devant notre balcon.

Frontera, un lieu de passage et de rencontre

"le tuc-tuc un triporteur taxi"
Le tuc-tuc, un triporteur “taxi” utilisé par les locaux, en ville.

Dans cet environnement où la forêt, la mangrove et le fleuve sont omniprésents, pas de salut sans une bonne annexe. Pour se déplacer, le Rio Dulce est la voie royale, voire l’unique possibilité de rejoindre certaines marinas. Tous les navigateurs transitent, à tout instant, par ce cours d’eau, que ce soit pour aller faire les courses, voir des amis ou au restaurant. A de rares exceptions près, les tuc-tuc qui circulent en ville ne sont d’aucune utilité aux navigateurs.

"Frontera sur le Rio Dulce"
De l’aube au crépuscule, la rue principale de Frontera est très animée.

Dès la mise à l’eau de Chiloe et notre retour à bord,  j’ai rapidement pris mes habitudes chez les divers commerçants de la petite bourgade. Et oui, avant d’embarquer, il faut d’abord penser à l’avitaillement ! Mais ce n’était pas une corvée, loin de là. La rue principale est si animée qu’elle constitue un spectacle permanent. Même si l’on doit maintenir une attention soutenue pour éviter les camions, les voitures et les tuc-tuc qui circulent au raz des étalages, les échanges avec les commerçants sont toujours cordiaux.

Il faut se lever tôt et ne pas ménager sa peine pour constituer un avitaillement digne de ce nom. Mais avec un peu d’entrainement, on trouve tout ce dont on a besoin pour la cambuse, en produits frais. Il suffit de se renseigner, notamment pour la viande, vendue hors réfrigérateur, immédiatement après l’abattage.

Les pièces détachées pour les navires sont elles, plus difficiles à obtenir et force est souvent de les commander, en s’armant de beaucoup de patience pour la livraison. C’est l’un des points noirs du Rio Dulce. A contrario, on y trouve d’excellents artisans, homologués ou non par les marinas, à des prix souvent compétitifs.

Izabal, un lac attractif et un véritable défi

"Castillo San Felipe"
Castillo San Felipe

Enfin prêts pour le départ, notre première navigation ne nous a pas entraînés vers la mer mais dans l’autre sens, au-delà du Castillo de San Felipe, sur le lac Izabal. Pour y accéder, le problème n’est pas le tirant d’eau mais le tirant d’air. Il faut passer sous le pont qui enjambe le Rio Dulce. Celui-ci est relativement haut mais les câbles électriques, qui y sont accrochés, sont beaucoup plus bas.

"Finca Paraiso"
Finca Paraiso

N’ayant aucune connaissance des conditions météorologiques propres à l’endroit, nous sommes partis tranquillement de bon matin, ce qui nous a valu d’effectuer le parcours avec un vent de face,  jusqu’à la finca Paraiso. Nous découvrirons après coup, que le vent souffle dans un sens le matin et dans l’autre à partir de midi.

"en remorque à la finca Paraiso"
Et hop, un petit tour en remorque pour aller se rafraîchir à la cascade.

De fait, pour naviguer sous voile dans de bonnes conditions, il faut entrer dans le lac Izabal l’après-midi et en sortir le matin. A bon entendeur…

Arrivés en fin d’après midi, dans le mouillage situé en face de la finca Paraïso, nous n’envisagions pas de monter le soir même jusqu’aux cascades, l’une chaude, l’autre froide, qui alimentent un bassin naturel de baignade. Mais c’était sans compter sur l’offre alléchante d’un employé de la finca, qui nous a gentiment proposé de profiter de son tracteur pour effectuer une partie du parcours dans la remorque. Nous avions ainsi juste le temps d’aller nous baigner et de redescendre ensuite à pieds, sur les rives du lac, avant la tombée de la nuit.

"troupeaux de bovins Paraiso"
Dans les prairies proches du lac pâturent des troupeaux de bovins.

Située sur la commune d’El Estor, les cascades se trouvent à environ quarante minutes de marche du lac. C’est une balade agréable, au milieu d’étendues herbeuses.

"femmes faisant lessive dans le rio"
Les femmes font la lessive et se lavent dans le Rio Calliente.

Nous admirons au passage de magnifiques ceibas et des gommiers.

Au-delà du croisement avec la route qui va de Frontera à El Estor, le paysage change. Nous entrons sous le couvert de la forêt et suivons le chemin plus ou moins abrupt qui serpente au bord d’une petite rivière, d’où émanent des odeurs de souffre.  Un village maya est implanté sur l’autre rive. Descendues à la rivière pour laver le linge, sur les digues de pierre qu’elles ont-elles-mêmes aménagées, les femmes en profitent pour faire un brin de toilette.

Avec leurs murs de bambous et leurs toits de palmes, les maisons des indigènes ressemblent étrangement à celles des Kunas, rencontrés dans les San Blas. Poulets et canards vivent en liberté, dans un environnement où l’on devine que le superflu n’a pas sa place. Les femmes et les petites filles portent la tenues traditionnelles des mayas de cette région, les garçons et les hommes sont habillés à l’européenne.

Arrivés à la cascade, nous savourons le plaisir d’un bain en pleine nature, en compagnie de quelques rares touristes et de jeunes autochtones, qui plongent sans hésitation, du chemin surplombant le bassin. L’endroit est ombragé, propice à la détente.

Calme et volupté d’un lac quasiment désert

"Pêcheur dans la baie El Refugio"
Pêcheur dans la baie “El Refugio”.
"Rio Balandra"
Le rio Balandra se dévoile pour mieux nous interdire son entrée.

Naviguant de conserve avec deux autres catamarans, nous décidons de faire le tour du lac et d’investiguer, pour notre second mouillage, dans une anse située au cœur de la mangrove, non loin du petit village d’Abajo Chapin.

Arrivés à destination, nous avons l’impression d’être seuls au monde. Il n’y a rien que des palétuviers  à perte de vue, des oiseaux et quelques rares pêcheurs, dans leurs pirogues.

Le village, aperçu à l’arrivée, est à vingt minutes en annexe. Nous y sommes accueillis par une nuée d’enfants mayas mais les adultes restent distants. Les uns vivent de la pêche, les autres travaillent dans une finca. Nous sommes frappés par le nombre d’enfants en bas âge et la pauvreté.

"végétation du rio Balandra"
La densité de la végétation et les arbres tombés barrent le passage de notre annexe.

Aspirant à une vie différente, s’informant des prix des objets courant de notre société de consommation, notamment des téléphones portables, les jeunes se déplacent en moto de faible cylindrés.  Étrangeté d’une civilisation, où les traditions millénaires peinent à perdurer dans un monde qui maintient leur communauté en dehors des décisions importantes pour leur pays, tout en tentant de les assimiler dans son système consumériste.

Le lendemain, nous voulions remonter une rivière, qui permet, d’après la carte, d’accéder à un autre village, mais les branchages et la végétation ont tôt fait de stopper la progression de notre annexe, nullement adaptée pour ce genre de périple.

Il fait très chaud dès l’aube. Nous ne rencontrons que peu d’oiseaux mais beaucoup de papillons et de libellules, qui profitent de la végétation aquatique. Une demi-douzaine de chauve-souris fuient à notre arrivée, sous le couvert des paletuviers. Pour observer pleinement des lieux, nous progressons à la pagaie, ce qui n’est pas une mince affaire. La veille, il nous semblait avoir vu des pêcheurs sortir de la mangrove à cet endroit mais il faut nous rendre à l’évidence, toutes nos tentatives pour remonter le cours d’eau, sont vaines.  Il est sans doute plus facile de se frayer un chemin entre les palétuviers avec une pirogue qu’avec une annexe et ses énormes boudins en hypalon.

"Mirage sur le lac Izabal"
Mirage d’une terre…

A l’heure du déjeuner, le soleil au zénith fige le paysage dans une sorte de brume. Rien ne bouge, pas une onde sur l’eau. Les sommets des collines environnantes sont à peine visibles.

"Mirage envol d'oiseau"
… Qui d’un seul coup disparaît à tire-d’aile !

Là où il n’y avait hier qu’une étendue d’eau, nous découvrons ce qui nous semble être des bancs de terre immergés. Mirage d’un lac si calme, qu’il a séduit des milliers d’oiseaux, posés côte à côte jusqu’à formé ce que nous avons pris pour une terre affleurant au niveau de l’eau. Mais à notre approche, le mirage disparaît dans un envol parfaitement synchronisé.

Il ne faut jamais se fier à l’eau qui dort ?

"marina de Dennis'Beach"
Une marina accueille les bateaux de petites tailles à Dennis’Beach.

D’un coup, le vent souffle de face, levant une houle de travers, qui nous accompagne jusqu’au mouillage, agité, de Dennis Beach.  Entre passé et futur, l’ensemble de cette structure hôtelière présente un mixte de bâtiments coquets dissimulés dans la végétation et de cabanons hors d’âge, à la peinture écaillée.

C’est comme si le complexe hésitait à sombrer définitivement dans l’oubli ou à prendre un nouvel essor après une période d’abandon. Un agréable chemin boisé court le long de la plage où les crues des jours précédant ont échoué des jacinthes d’eau douce, arrachées au rio Polochic, qui alimente le lac en amont.

Le lendemain, les thermiques nous poussent gentiment jusqu’au Castillo San Felipe que nous voulons visiter. Mais impossible de laisser les voiliers, mouillés sur des ancres qui refusent d’accrocher dans la vase !

Après ce galop d’essai, les bateaux et les équipages sont prêts à descendre le fleuve jusqu’à Livington, la porte des Caraïbes.

Un sanctuaire pour la biodiversité, un refuge pour les exclus

"Naviguer sur le Rio Dulce"
Sur environ 40 milles, le Rio Dulce présente d’extraordinaires paysages

Après un dernier avitaillement en produits frais, nous quittons la marina à l’aube. Relativement large au départ, le Rio Dulce révèle quelques traitrises pour les quillards, notamment au niveau de la jonction avec le rio Cianaga, dont les alluvions font dangereusement remonter les fonds. Cette première partie du fleuve est très animée. Plusieurs petites marinas sont installées sur le bord du Rio Dulce. Les lanchas, les pêcheurs en pirogue, les voiliers et les vedettes des ladinos s’y croisent dans un incessant ballet. Le trafic est tel qu’il est fortement déconseillé aux navigateurs de circuler sur le fleuve, en annexe la nuit, à moins d’avoir un certain goût du risque. Les lanchas des locaux le traversent sans feu de position et à pleine vitesse.

"entrée El Golfette"
A l’entrée d’El Golfette, le rio Dulce s’élargit mais attention aux bancs de sable.

S’élargissant outrageusement au niveau d’El Golfete,  le rio dévoile alors une succession de criques et de bras, formant un labyrinthe où il est aisé de s’isoler. Nous laissons à notre gauche le biotope Chocon-Machacas où vit une population de lamantins, de gros mammifères en voie de disparition. Sur notre droite, nous repérons une petite baie où sont mouillés quelques voiliers.

"construction à Texan'Bay
Ils sont arrivés en voilier et ont bâti leur maison dans cette mangrove éloignée de tout site accessible par une route.

Contournant une petite île, nous pénétrons, au ralenti, dans une anse nommée Texan Bay. Et pour cause !

Avec ses petites constructions sur pilotis devant lesquelles sont amarrés des voiliers plus ou moins décrépis, l’endroit parait surréaliste. Pour la plupart des navigateurs nord-américains présents, le voyage s’est arrêté ici. Ils ont ancré leur bateau et bâti un semblant d’habitation sur la mangrove.

"Maya du Rio Dulce"
Rencontre avec un indigène Maya, habitant dans un bayou au delà de Texan’Bay’.

Certains sont encore jeunes, comme John qui s’est instauré “voilier” au grand dam des navigateurs qui ont eu la fâcheuse idée de lui confier leurs voiles à réparer.

Le petit restaurant surplombant les pontons n’échappe pas à règle. Les éclats de rire doivent plus à la bière qu’à l’humeur du jour. Se côtoient en ce lieu des « fin de rêve » et des soixante-huitards restés dans la mouvance mais qui n’ont plus les moyens financiers de vivre dans leur pays, les Etats-Unis.

Cette ambiance interlope, où la musique country et l’alcool font oublier la déchéance, avait quasiment disparu la dernière fois que nous avons descendu le Rio Dulce. Un américain aux allures de “Steve Mac Quean” gérait les lieux. Grand, le tempérament volontaire de celui qui veut atteindre ses objectifs, il avait rasé les bâtiments existants et faisait construire à leur emplacement des cabañas mieux adaptées à l’endroit.

En nous enfonçant  avec l’annexe dans la mangrove, nous découvrons quelques habitations Garifunas et mayas, deux peuples relayés sur les terres les moins hospitalières de ce pays de cocagne où les plaines fertiles sont, depuis la colonisation, aux mains des descendants espagnols.

Ce n’était qu’une escale, le temps de passer une nuit tranquille. Le lendemain, nous partons comme prévu à l’aube de façon à arriver au plus vite à Livington.

Un paradis pour les oiseaux

"aigrette"
Aigrette

S’étirant dans une succession de méandres au fond d’une gorge, la descente du Rio Dulce devient magique après El Golfete.  Magnifique auditorium à ciel ouvert, entre deux pans de forêt tropicale, où s’époumone une faune ailée des plus variée. On y rencontre des pélicans, des aigrettes, des perroquets, des toucans, des pics-verts  en plus ou moins grand nombre suivant les heures du jour.

Au fur et à mesure que nous descendons le rio, la gorge se resserre à tel point que nous pouvons prendre en photo, sans peine, les aigrettes positionnées sur les berges, à égales distances, telles des sentinelles.

Très verdoyantes, les berges accidentées sont ponctuées de belles demeures, qui rappellent, dans la brume matinale,  certains paysages européens. Cachées dans la végétation, nous devinons ici et là quelques habitations mayas. Dès l’aube, les pêcheurs sont au travail, en équilibre parfait sur le bord de leur pirogue pour lancer leur filet. Seuls les moteurs des lanchas troublent de temps à autres la tranquillité du paysage. Ces bateaux rapides sont utilisés pour conduire les touristes de Frontera à Livington.

Livingston, la porte de la mer des CaraÏbes

"Livingston"
Arrivée à Livingston

Les commerces viennent tout juste d’ouvrir lorsque nous laissons tomber l’ancre, face à Livingston. Dans cette petite bourgade, où l’on accède exclusivement par la mer ou par le Rio, vit essentiellement une population Garifunas.

"Ponton à Livingston"
Les locaux et les touristes qui souhaitent se rendre à Frontera attendent les lanchas sur ce ponton.

Leurs ancêtres ont été déportés sur l’île de Roatan au Honduras, par les anglais lassés des différentes rébellions orchestrées, sur l’île de Saint-Vincent.

Descendant d’esclaves noirs et d’Indiens Caraïbes, les Garifunas essaimèrent ensuite sur les côtes du Honduras, du Nicaragua, du Guatemala et du Bélize. Ils vivent majoritairement de la pêche alors que les commerces locaux sont tenus par des ladinos ou des asiatiques.

"vente interdite"
Vente de carapace normalement interdite.

Ce qui n’est pas sans créer une certaine tension. De fait, les navigateurs ne  s’attardent pas à Livington et ils évitent surtout d’y passer la nuit.

Un ancien douanier tire largement profit de cette situation. Raul se charge d’effectuer les formalités d’entrée et de sortie au Guatemala auprès des diverses administrations, en échange d’une centaine de dollars.

Ce qui prendrait aux navigateurs quasiment une journée, s’effectue en deux heures maximum.

Nous profitons de cet arrêt pour déguster la spécialité locale, le tapado une soupe de poissons et de crustacés agrémentée de lait de coco. Délicieux ! Notre repas terminé, nous récupérons notre clearance en bonne et due forme. Nous avons juste  le temps de traverser  la Bahia Amatique, avant la nuit,  pour aller mouiller cinq milles nautiques plus loin, dans un lieu nommé Tres Puntas.

De loin, l’endroit semble accueillant. De près, il est jonché de détritus, les courants locaux ramenant sur cette plage, les ordures jetées par les cargos et autres navires de passage ainsi que celles provenant des décharges sauvages, en bordure du littoral Honduriens.

Repères et infos pratiques

"marina hôtel Nanajuana Guatemala"
L’hôtel marina de Nanajuana offre un cadre agréable aux navigateurs.

Il faut remonter le Rio Dulce sur environ 20 milles nautiques pour arriver à Frontera où se trouvent les marinas. Pour entrer dans le fleuve, mieux vaut choisir une période de marée haute, même si dans la mer des Caraïbes, la différence n’est que de 50 à 80 cm. Le banc de sable, situé en face de Livingston n’autorise le passage qu’aux voiliers callant moins de 1,80 m. Et encore ! Mieux vaut faire attention de rester bien entre les balises. Les monocoques callant plus de 1,80 m entrent néanmoins dans le fleuve mais impérativement pendant la période des hautes eaux et en faisant appel à un propriétaire de lancha locale, de façon à coucher un peu le navire.

"sorie de l'eau des voiliers à Ram Marina"
Sortie de l’eau classique pour les voiliers, sur Travel Lift à Ram Marina

Plus ou moins importantes, les marinas sont nombreuses et parfois bien dissimulées dans la mangrove. Peu sont cependant en mesure de mettre les voiliers au sec.

Ram Marina semble la plus stable au niveau de sa gestion. Magasin d’accastillage, stockage à sec et boutique. Travel life pour sortir les voiliers. Très bon menuisier intervenant sur la marina. Mécanicien à éviter. http://www.rammarina.com

"Piscine Nanajuana"
Piscine de l’hôtel/marina Nanajuana

Nana Juana : ce complexe hôtel/ marina a été quelque peu malmené par l’implication de ses dirigeants dans des affaires de corruption avec l’ancien président. L’hôtel permet d’être directement sur place pour contrôler la mise à l’eau du bateau et effectuer les premiers travaux de remise en état. Sortie des voiliers sur charriot, un peu holé holé au moment où nous y étions.  http://hotelmarinananajuana.com/

Mar Marine : pontons, magasin d’accastillage et restaurant (niveau correct pour ce dernier). http://marmarine.com/wordpress/index.php/?page_id=2

Hacienda Tijax : cet hôtel possède quelques pontons et une zone de mouillage. Pas de service autre pour les navigateurs. http://www.tijax.com/

Gilbert Dupré, un français installé au Guatemala a mis en place quelques pontons qui permettent d’hiverner les bateaux à l’eau sous bonne garde pendant la saison cyclonique. gilbertdupre@laposte.net ou  gilbertdupre@gmail.com

Une petite boutique située entre Ram Marina et Nana Juana vend (cher) de bons produits que l’on ne trouve nulle part ailleurs (notamment des produits sans gluten).

 

Secotine

Journaliste-écrivain témoin attentive des palpitations du monde.