Jardin à visiter en Ariège : les papillons d’Amarante

"Ode à la nature"
Véritable ode à la nature, le jardin s’épanouit en juin.

Le printemps et le début de l’été sont des périodes idéales pour visiter les jardins. La température est agréable et les végétaux font preuve d’une belle exubérance que nulle autre saison ne peut égaler.

Alors profitez vite des beaux jours pour découvrir Les papillons d’Amarantes, en Ariège.

C’est la dernière année d’ouverture au public du jardin naturel et de la serre tropicale, peuplée de papillons exotiques.

Entre doux paysages vallonnés et sommets vertigineux, c’est aussi l’occasion de découvrir l’Ariège authentique, calme et reposante.

Installés depuis 30 ans, dans cette vallée du Pays Cathare, à quelques encablures du col del Teil, Cathie et Pascal  sont heureux d’avoir su créer ce lieu magique, qu’il vous propose de découvrir.

Voyages au cœur de la nature ariègeoise

"Comment attirer les insectes au jardin"
Un savant mélange de plantes et des fleurs de couleurs vives attirent les insectes.

On dit que « les voyages forment la jeunesse », qu’ils développent l’esprit d’entreprise, libèrent des carcans et font germer des rêves…

Après quelques années passées sous les tropiques et une formation horticole, Pascal décide de produire des fleurs séchées et d’installer une serre tropicale au cœur des montagnes ardéchoises.

Dans cette  vallée encaissée, à 535 mètres d’altitude, les écarts de températures sont importants et le thermomètre peut descendre à 4°, par une belle nuit d’août. L’hiver, la neige et le sol gelé ne favorisent pas la culture des plantes, à plus forte raison lorsqu’elles sont tropicales.

De fait, l’idée pouvait paraître farfelue et le rêve irréalisable ! Et pourtant, c’était une merveilleuse  façon de continuer à voyager, au milieu des fleurs et des papillons !

Un seul objectif, cohabiter avec la nature

"jardin naturel"
C’est un jardin naturel où la petite faune ailée est la bienvenue.

Créé en 2002, le jardin est un savant mélange de plantes locales et tropicales. Toutes sont ici les bienvenues, y compris les herbes «sauvages.

Chaque plante, chaque espace est important pour l’équilibre de la faune et de la flore.

Le jardin est conçu de manière naturelle, sans thème précis, en favorisant simplement la profusion et l’exubérance. Mais, certaines plantes, comme les buddleias, les verveines et les alstroemerias (lys des Incas)  sont choisies dans le seul but d’attirer les insectes.

De même, les bassins attirent une microfaune riche et variée, notamment des libellules et la prairie, contiguë au jardin, n’est pas tondue en période de sécheresse, pour ne pas détruire les pontes des papillons indigènes et favoriser la biodiversité. De fait, les interventions au jardin sont limitées.

"Marre et biodiversité"
L’eau est indispensable dans un jardin, elle favorise la biodiversité.

A la fin de l’été, les végétaux sèchent sur place pour permettre aux insectes de s’abriter pour l’hiver. Le nettoyage du jardin ne commence qu’après la fonte des neiges.

Seules les plantes tropicales requièrent des soins particuliers.

Une partie est cultivée en pleine terre, au milieu des fleurs endémiques, mais la majorité est en pot, dans le jardin ou dans la serre aux papillons. Il faut pouvoir les abriter pour l’hiver, ce qui nécessite de la patience, du savoir-faire et de l’organisation.

Après la fermeture du jardin au public, le couple ne dispose que de trois semaines pour mettre à l’abri les belles exotiques, avant le gel et la neige. Pascal effectue l’opération en plusieurs étapes pour ne pas stresser les plantes. Il coupe un peu les tiges puis les rabat à moitié avant de les stocker, toutes dans la serre.

Des plantes pour nourrir les chenilles

"Des plantes pour les chenilles"
Ils cultivent des plantes pour le bonheur des chenilles.

Dans un décor de rêve tropical, s’épanouissent bananiers, citronniers, passiflores, bougainvilliers, lantanas et autres plantes connues pour leur exubérance ou leur parfum.

La température de la serre est conforme à celle d’un climat tropical, 28° avec juste ce qu’il faut d’humidité pour que les plantes s’épanouissent dans des conditions optimales.

Attention ! Vous qui rêvez déjà devant ce tableau idyllique, attendez-vous à quelques surprises ailées et gloutonnes.

Alors que la majorité des jardiniers font la guerre aux chenilles, Pascal cultive les plantes exotiques pour leur bien-être exclusif.

En contrepartie de ses soins attentifs, elles le récompenseront en donnant naissance à de merveilleux papillons.

"Variétés de papillons"
Entre 30 et 60 variétés se partagent l’espace.

Difficile de chiffrer leur nombre et plus encore, de déterminer les espèces de lépidoptères, qui volettent et virevoltent dans la serre.

Les lumineuses fleurs exotiques attirent irrésistiblement les papillons, mais à chacun sa préférence. Les caligos appelés aussi papillon chouette se reposent sur les bananiers. Ils doivent leur surnom aux deux ocelles, qui figurent sur leurs ailes antérieures.

Très voraces, leurs chenilles peuvent ravager les feuilles d’un bananier en une nuit. Inutile de dire qu’elles sont particulièrement redoutées des producteurs de bananes, sous les tropiques.

D’autres espèces de papillons apprécient plutôt le lantana, une plante de la famille des verveines, qui pousse en Amérique du Sud. Leur délicat parfum attire les abeilles et les papillons. Le papillon Mormon est plutôt attiré par les agrumes… De fait, les plantes sont cultivées en fonction des desiderata de chaque espèce.

Une spectaculaire transformation

"Papillon sèche ses ailes"
Avant de s’envoler pour son éphémère existence, le papillon sèche ses ailes.

“L’accouplement des papillons peut durer une dizaine d’heures, pendant lesquelles les deux amants se déplacent pour éviter les prédateurs. Les œufs issus de cet accouplement donnent naissance à de petites chenilles, 5 et 20 jours après la ponte, suivant les espèces. A leur naissance, les chenilles dévorent l’œuf comme premier festin avant de s’attaquer avec gourmandise, à la végétation.  Elles grandissent tant que quatre à cinq mues sont nécessaires avant d’arriver à la fin de leur croissance. Quinze à trente jours après leur naissance, elles cessent de s’alimenter, se vident et cherchent le lieu idéal pour se transformer en chrysalide, puis en flamboyants papillons ou en individus discrets, aux couleurs de la végétation dans laquelle ils se dissimulent. C’est le cas du kallima, un papillon originaire de Malaisie, qui ressemble à une feuille sèche. Le mimétisme est admirablement reproduit avec, comme sur une feuille morte, des nervures et les tâches de moisissure.

"Papillons de couleurs vives souvent venimeux"
Les papillons de couleurs vives sont souvent venimeux.

D’autres espèces présentent des couleurs chatoyantes.

Mais méfiance,  cette beauté cache souvent de mauvaises surprises pour les prédateurs.

Les couleurs vives vont de pair avec des individus venimeux. Les oiseaux, qui connaissent bien cette particularité, les évitent soigneusement”.

Pascal et Cathie parlent avec aisance et passion de leurs protégés.

Nous sommes en présence de véritables amoureux de lépidoptères, des connaisseurs qui mettent tout en œuvre pour les faire apprécier.

Et, on se laisse vite séduire par la féerie des lieux et, appareil photo en bandoulière, on peut y passer des heures, surtout si l’on essaie de capter une image du magnifique morpho, qui ne se pose que pour mieux s’envoler ailleurs…

Situation, infos pratiques

"Un chemin initiatique vers la Nature"
Visiter un jardin, c’est un peu comme emprunter un chemin initiatique, à la découverte de la nature.

Le jardin des papillons d’Amarante se trouve à 7 kilomètres du village de Lesparou, dans un lieu-dit nommé le Ressec. Pour sa dernière saison d’ouverture le jardin  est ouvert du 23 juin au 9 septembre, de 10h30 à 17h30.  C’est une visite passionnante, que l’on peut faire en famille et qui plairabeaucoup aux enfants.

Tél. 05 61 01 98  80   https:///www.papillonsdamarante.com

Lesparrou est un petit village traditionnel de l’Ariège, situé entre les deux cluses de l’Hers, la rivière qui alimentait les usines de peignes en corne et l’industrie du jais.

Les mines de cette roche noire et brillante, utilisée pour la fabrication de bijoux, sont aujourd’hui épuisées. Mais la société Azma Bigou, qui fabrique des peignes en corne, est toujours en activité.

http://www.peigne-corne-azema-bigou.com/contact.php

 

 

Secotine

Journaliste-écrivain témoin attentive des palpitations du monde.