La Corse du Sud, vue de Monaccia d’Aullène

Découvrir la Corse demande du temps. Le mieux est de poser ses valises dans un petit village, tel que Monaccia d’Aullène et d’élargir, chaque jour, le cercle de vos investigations.

Monaccia d’Aullène, le village satellite d’Aullène

Monaccia d'Aullène
Monaccia d’Aullène, au sud-ouest de la Corse.

Situé un peu à l’écart de la T40, à mi-chemin entre Sartène et Bonifacio, ce village n’est pas répertorié dans les guides touristiques et pourtant son histoire mérite une attention particulière.

Avant le 18ème siècle, ce lieu proche du littoral n’était pas habitée sauf, peut être, par des moines, des templiers ou des franciscains dissidents. Le terme de « Monaccia » désigne en effet, un ancien monastère, mais il ne subsiste aucune trace de l’édifice, ni document.

La tradition orale raconte que les moines, auraient été enterrés ou brûlés sur un bûcher (les versions diffèrent !). Cette même tradition orale situe le monastère au cœur du village, à l’emplacement d’un grand rectangle où personne n’aurait osé construire. Ce qui est sûr, c’est que le site était utilisé par les bergers, dès le Moyen-âge. A l’automne, ils quittaient leur village d’Aullène, situé à 850 mètre d’altitude dans l’Alta Rocca, pour s’installer sur les pâturages du littoral où les animaux passaient l’hiver, c’était l’impiaghiera. Durant ces mois, ils vivaient dans des cabanes ou de petites maisonnettes. De cette époque, il ne reste que quelques tessons de céramique.

"Transhumance d'Aullène à Monaccia d'Aullène"
L’été à Aullène, l’hiver à Monaccia d’Aullène.

De tradition pastorale, le village d’Aullène est situé à environ soixante kilomètres des pâturages de Monaccia.  Au printemps, les familles remontaient dans ce village de montagne, avec les troupeaux, pour l’estive, c’était la muntanera. Ce semi-nomadisme saisonnier permettait d’échapper aux aléas sanitaires des zones littorales, infestées par les moustiques, vecteurs de paludisme.

Mais au début du 18ème siècle, le développement de l’Alta Rocca incite quelques familles à quitter leur village d’Aullène pour fonder plusieurs hameaux. La communauté d’Aullène était passée de 350 habitants en 1686 à 636 habitants en 1758. On y recensait dix-sept maçons, quatre charpentiers, deux médecins et six ecclésiastiques…

C’est ainsi que naquit le village de Monaccia d’Aullène.  Dressé entre 1770 et 1793, le plan Terrier, qui est un inventaire social, économique et géographique y recense vingt maisons, neuf moulins et de nombreux ories (silos à grain), témoignant d’une production céréalière importante.

Au début Monaccia d’Aullène n’était qu’un hameau dépendant d’Aullène. Le village n’a obtenu le statut de commune indépendante qu’en 1864. Deux ans plus tard, en 1866,  elle comptait déjà 800 habitants. Au plus fort de sa démographie en 1931, on recensait 1379 habitants. Aujourd’hui, seulement, un peu plus de 500 âmes y vivent encore.

Un village construit par des agriculteurs

"Les familles vivaient à l'étage"
Les familles vivaient à l’étage.

Aux siècle précédents, on ne trouvait que de modestes maisons de pêcheurs sur le littoral. Tous les villages étaient situés à l’intérieur des terres, pour se protéger des invasions et se regrouper en famille ou en clan. Bien qu’il soit dans la plaine côtière, Monaccia d’Aullène ne déroge pas à la règle.

A l’instar des vieux villages corses, perchés dans la montagne, ses maisons  sont groupées dans un apparent désordre, mais chaque groupement correspond à un bloc familial.

Elles possèdent un rez-de-chaussée où étaient entreposés le matériel et les réserves et un étage où vivait la famille. Cette répartition s’explique par l’impératif qui a toujours régit l’architecture  traditionnel Corse au fil des siècle : se protéger.

Les murs sont en pierres, taillées dans le matériau de la région, le granit. Elles sont ajustées à l’aide de cales mais non crépies. Le liant est à base d’argile. De petites tailles, pour se protéger du froid en hiver et de la chaleur en été, les ouvertures sont soignées. Les linteaux des portes d’entrée sont souvent en demi-lune et elles sont surmontées de deux petites fenêtres. Les linteaux des autres ouvertures sont généralement droits.

Une organisation régit par la transhumance

"Le village d'Aullène dans l'Alta Rocca"
Le village d’Aullène, dans l’Alta Rocca

Dans les jardins de Monaccia d’Aullène, les familles cultivaient les haricots, les fèves, les oignons, les aux et les pommes de terre. On y trouvait également des fruitiers : figuiers, amandiers, poiriers et pommiers. Les excédents des troupeaux et des cultures étaient échangés contre des produits de première nécessité, avec les marchands de Figari ou de Bonifacio.

Les bergers ne chômaient pas. Il fallait traire les brebis deux fois par jour, le matin et le soir, ouvrir les enclos pour qu’elles aillent pâturer, vendre le lait, fabriquer le fromage et le brocciu, nettoyer le matériel, la bergerie, faire les foins, clôturer les champs, apporter l’eau aux animaux, tondre les brebis en mai, gérer les naissances et organiser la transhumance.

Après les récoltes et le ramassage des foins, en juin, les femmes lavaient le linge de la maison, préparaient le pain pour une semaine, coupaient les cheveux des enfants à raz. Les hommes graissaient les axes de roues des charrettes, montaient le lampion à huile sur le côté gauche pour ne pas être verbalisé par les pandores…

"Animaux en liberté à Aullène"
A Aullène, les animaux circulent en liberté.

Ensuite, chaque famille entassait toutes ses affaires dans la charrette, y compris les volailles et le chat.

Le départ de Monaccia d’Aullène se faisait le soir ou le matin très tôt, pour un périple qui durait un jour et demi. Ces allers-venus entre Monaccia d’Aullène et Aullène perturbaient les écoles des deux communes, la muntanera se faisant avant la fin de l’année scolaire et l’impiaghiera après la rentrée.

A  Aullène, en dehors des occupations liées au troupeau, les familles cultivaient les jardins et s’occupaient des châtaignes, un aliment majeur à une époque, où l’on vivait quasiment en autarcie.

Cette vie de transhumance s’est poursuivie jusqu’à la seconde guerre mondiale, qui décima de nombreux hommes de la communauté. Après rien ne fut pareil.

En 1962, l’arrivée des rapatriées d’Algérie dans la plaine de Solenzara exacerba le sentiment nationaliste Corse. Les conseils et les subventions allaient en priorité aux rapatriées alors que dans le même temps, les Corses peinaient à obtenir des aides.

Le Brocciu, un formage à base de lactosérum

Le brocciu est fabriqué, d’octobre à juin, à partir du petit-lait (lactosérum). On nomme ainsi ce qu’il reste du lait, après avoir fabriqué les fromages de brebis de race Corse et/ou de chèvre. Le brocciu est consommé frais ou affiné, salé ou sucré, nature ou cuisiné. C’est un produit très apprécié en Corse mais l’île n’en détient pas l’exclusivité. Cet aliment très nutritif est réalisé, sous diverses appellations, dans régions où rien ne se perd !

LES INCONTOURNABLES DE LA CORSE DU SUD

"Routes de Corse"
Du temps pour voir et observer !

Il faut du temps pour découvrir la Corse !…

Mieux vaut en être conscient dès le départ et en tenir compte dans l’organisation du programme. A vouloir trop voir, on ne découvre rien !

En voiture, quelques soient les routes empruntées, il est quasiment impossible de parcourir plus de 50 kilomètres par heure, d’autant que l’on s’arrête souvent pour admirer les paysages, parfois grandioses, parfois époustouflants.

A pied, les chemins de randonnées sont nombreux mais les dénivelés sont quelquefois très importants. Certaines portions ne peuvent être empruntés que par des randonneurs chevronnés. C’est notamment le cas sur le GR20,  particulièrement périlleux en montagne quand le froid renforce la difficulté. Mais rassurez-vous, sur la côte ou à l’intérieur des terres, il y en a pour tous les goûts et  tous les niveaux.

Bonifacio, une surprenante originalité

"Le goulet de Bonifacio"
Le goulet de Bonifacio

Sur une île constituée essentiellement de granites et de schistes, le calcaire blanc de ses falaises suffit à distinguer Bonifacio du reste de la Corse.

Mais la ville doit aussi beaucoup à l’extraordinaire site marin qu’elle domine. Imaginez un goulet d’une centaine de mètres de large, qui s’enfonce au cœur des falaises calcaires sur 1,5 km. C’est l’abri idéal pour les bateaux, admirablement bien cachés et protégés des intempéries.

Sculptée par le vent et la mer, l’à-pic de la ville haute domine les flots à près de 70 m, entre le goulet et la mer. Surplombant la falaise, les constructions donnent l’impression d’une chute plus ou moins imminente, bien qu’elles soient ainsi perchées depuis des siècles. Formant un bloc, elles protègent la quiétude des habitants.

La montée Saint-Roch est sans nul doute, le meilleur moyen d’accéder à la ville et d’en apprécier toute la beauté. Erigées au 13ème et 14ème siècles, les fortifications sont parfaitement adaptées aux exigences stratégiques et aux époques successives. La ville elle-même est organisée en îlots carrés ou rectangulaires, qui appartenaient autrefois aux membres d’une même famille.

"Cimetière marin Bonifacio"
Cimetière marin.

Bonifacio se distingue par le nombre des édifices religieux : la cathédrale commencée au XIIème siècle ; des églises telles que Sainte-Marie-Majeure, la chapelle Saint-Roch, des oratoires et des couvents, sans oublier l’extraordinaire cimetière marin situé juste au bout du plateau, face à la Sardaigne.

Les pourtours du cimetière marin nécessiteraient quelques aménagements mais à l’intérieur, les caveaux immaculés sont parfaitement ordonnés.

Un souterrain, creusé de main d’homme pendant la seconde guerre mondiale, conduit au « gouvernail » de la Corse. Situé à une dizaine de mètre au dessus des flots, ce rocher évoque, par sa forme, l’étambot d’un navire.

L’origine du nom de la ville est incertaine. Certains affirment qu’elle aurait été fondée au 9ème siècle par Bonifacio, un marquis toscan. D’autres disent qu’elle tire son nom de du pape Boniface II, qui vécut au 6ème siècle.

Les aiguilles de Bavella, des paysages à couper le souffle

"Aiguilles de Bavella"
Dominant la forêt de pins laricio, les aiguilles de Bavella apparaissent, majestueuses.
"Aiguilles de Bavella"
Ou disparaissent derrière les nuages.

Culminant à plus de 1600 mètres d’altitude, les aiguilles de Bavella dominent le col éponyme, qui relie l’Alta Rocca à la côte Corse.

Situées au cœur du Parc Naturel Régional Corse, ces pointes acérées changent de couleur, allant de l’ocre au doré, du rouge clair au gris sombre, selon la course du soleil.

Peu avant Zonza, elles apparaissent, majestueuses au dessus de la forêt de pins laricio.

Les pins maritimes, chênes,  cèdres et châtaigniers que l’on trouve dans la partie basse du massif, cèdent peu à peu la place aux pins laricio, qui s’élancent fièrement vers le ciel.

Cet arbre fut exploité depuis la plus haute antiquité, pour son tronc très droit, idéal pour les mats de bateaux, ou comme matériau pour la construction des habitations.

Village de l'Alta Rocca""
Village de l’Alta Rocca
"Zonza"
Zonza est apprécié pour ses hébergements et ses restaurants, qui constituent une halte agréable entre les balades et randonnées qu’offrent les environs.

Riche en possibilités de randonnées, d’escalade, de canyoning, le massif de Bavella est fort prisé des touristes et les routes pour y accéder exigent une attention soutenue.

Celle que nous avons empruntée, en passant par Sartène et Zonza semble moins courue que celles qui partent de Solenzara et de Porto Vecchio.

De plus, elle traverse l’Alta Rocca, une zone de moyenne montagne, nommée « la terre des Seigneurs » au Moyen-âge. Ce territoire protégé recèle une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle. Figurant parmi les lieux les plus anciennement peuplés de la Corse, mais néanmoins à l’écart des grandes agglomérations, l’Alta Rocca cache de merveilleux villages au sein d’une nature resplendissante.  Eglises romanes, fours, moulins, fontaines… l’histoire s’inscrit dans l’architecture, sur ce territoire où le pastoralisme a aussi forgé la gastronomie et l’artisanat, qui constituent aujourd’hui les richesses de cette région.

Sartène, « la plus Corse des villes Corses »

"Sartène"
Sartène, l’énigmatique.
"Bâtisses Sartène"
Les hautes bâtisses dissimulent des petits jardins.

Cette cité ombrageuse offre un visage austère, celui de ses hauts murs de granit, qui semblent dissimuler quelques secrètes vendettas. C’est à Prosper Mérimée que l’on doit « la plus Corse des villes Corses ».

Sartène est toujours restée fidèle à ses traditions, comme le démontre la procession du Catenacciu, qui a lieu le vendredi saint.

Ce jour là, dissimulé sous un vêtement rouge, l’enchaîné réinterprète le chemin de croix du Christ à travers la ville. Sous l’anonymat de ses vêtements, il expie un péché que l’assistance ne connaîtra jamais.

Pieds nus, portant une lourde croix et les chevilles attachés par des chaînes, il est suivi par un pénitent blanc et huit pénitents noirs, des membres du clergé, de notables et une foule de curieux…

"Sartène ville fortifiéeé
Sur les hauteurs, facile à défendre, un peu austère, ainsi apparaît Sartène.

Mais  là n’est pas la principale caractéristique de Sartène, ni ce auquel pensait Mérimée lorsqu’il parla ainsi de la ville. Elle doit essentiellement sa réputation à l’esprit de vendetta qui anime ses habitants.

"Ruelles de Sartène"
Ou quelques passages.

Bastion de grandes familles de notables, qui n’aimaient pas que l’on s’intéresse de trop près à leurs affaires, elle fut aussi le théâtre d’une forte rivalité, qui opposa deux clans au 19ème siècle, l’une du quartier Borgo, l’autre de Santa Anna. A l’époque, c’était une véritable guerre civile, qui ne cessa qu’après le traité de paix,  signé dans l’église Sainte-Marie, en 1834.

Couvent Saint Joseph

Cette ville pittoresque, accrochée à l’éperon rocheux de Pitraghiu, se situe à 300 m d’altitude et s’étend sur 200 km2, de Cala D’Arana au nord jusqu’au rocher de Roccapina.

Fondée en 1550 par les génois, qui en confièrent la garde à de riches aristocrates, elle fut attaquée dès 1565 par les pirates, qui réduisirent les deux tiers de sa population en esclavage.

Sartène se découvre à partir du vieux pont d’A Scaledda, d’où l’on peut admirer les fortifications, les remparts et l’échauguette, une tour génoise du 16ème siècle, construite sur les bases d’une ancienne tour médiévale.

L’été, quand le soleil darde ses rayons, il est plaisant de se balader dans le dédale des ruelles pavées de la vieille ville, protégé de l’astre par des hautes demeures accrochées à la colline. On y emprunte des escaliers, qui ne semblent aboutir nulle part, mais on se retrouve finalement toujours sur une place ombragée.

Propriano, un modeste hameau sorti de l’oubli

"Propriano"
Propriano est réputée pour ses plages.

Fondée en 1640 par les Génois, Propriano ne fut longtemps qu’un modeste hameau. Il  s’est agrandit en 1837, grâce à la construction de la route reliant Ajaccio à Bonifacio. Puis, il fallut attendre le début du 20ème siècle et la construction de son port, pour que cette petite ville, située au fond du golfe de Valinco, ne devienne le centre d’activité maritime du Sartenais et une station balnéaire appréciée.

En dehors de son port et de sa promenade en front de mer, la ville n’a pas grand-chose à offrir.

Il faut s’aventurer dans le golfe pour trouver au nord le petit village de Porto-Pollo et entre les deux, une zone est très poissonneuse où les congres et les murènes se faufilent au milieu des éboulis rocheux.

Au sud, la belle plage de Portogliolo s’étend sur 7 km. En suivant la route côtière, l’on arrive ensuite au belvédère de Campomoro. Bâtie au 16ème siècle par les Génois, cette tour de 15 mètres de haut serait l’une des plus imposante de l’île. Son originalité est due au fait qu’elle a été fortifiée par  un mur d’enceinte, en forme d’étoile. Elle a été restaurée en 1986 et elle abrite, au premier étage, une exposition sur l’histoire des tours génoises en Corse.

Cette partie de la côte est magnifique et encore sauvage et l’on peut y faire de très belles plongées.C’est aussi l’endroit idéal de belles balades le long du littoral, protégée par le Conservatoire du Littoral.

Filitosa, une propagande un peu surfaite

"La Corse peuplée 3300 avant J.C."
Les traces les plus anciennes témoignent d’un peuplement humain 3300 ans avant J.C.
"Abri sous roche"
Abri sous roche

On le sait, la Corse est habitée par l’homme depuis longtemps, vraisemblablement depuis le paléolithique. A l’époque, les hommes vivaient dans des abris sous roche, comme on peut en voir sur le site de Filitosa, mais pas seulement !

En Corse, nous en avons vu dans l’Alta Rocca, qui servaient d’abris aux bergers.

Le site de Filitosa fut découvert en 1946 par Charles-Antoine Cesari mais ce sont les fouilles de l’archéologue Roger Grosjean qui firent sa renommée.

Ceci dit, il ne faut pas s’attendre à voir quelque chose d’extraordinaire, cela n’a rien de comparable avec les mégalithes que l’on trouve en Bretagne et qui ne sont aucunement sujets à caution.

En dehors des statues-menhirs, trop bien mises en exergue et de quelques vestiges de poterie indiquant une présence humaine, les témoignages de cette époque lointaine semblent aussi maigres qu’incertains.

On pourra toujours se consoler en se disant que le site offre une belle balade d’une petite heure, mais il y a en Corse, une multitude d’endroits où l’on peut se promener et voir des abris sous roche, tout en gardant la bourse cousue !

Cargèse, la Grecque

"Cargèse la Grecque"
Cargèse la Gresque.

L’histoire de cette ville est intimement liée  à celle des habitants du Péloponnèse. Fuyant l’occupation ottomane, en 1663, huit cents Grecs du sud du Péloponnèse entrent en pourparlers avec les autorités génoises pour trouver une terre d’asile. Les négociations n’aboutiront qu’au bout de douze longues années. En 1676, ils ne seront finalement guère plus de 600 grecs à fouler le sol Corse, pour s’installer à une cinquantaine de kilomètres d’Ajaccio, à Paomia, à 2 km à l’est de l’actuel Cargèse.

La petite colonie prospère mais les Grecs ont la mauvaise idée de prendre parti pour Gènes, lors de la rébellion Corse contre les Génois. La sanction ne se fait pas attendre, Paomia est saccagée et la communauté doit se réfugier à Ajaccio.

Avec l’appui du comte de Marbeuf, ils obtiennent un nouveau territoire en 1773, celui de l’actuelle Cargèse, où ils édifient 120 maisons. Mais rien n’est encore définitivement acquis pour ce peuple. Durant la Révolution, ils subissent les assauts des bergers des villages voisins de Vico, de Renno et du Niolo, qui n’apprécient gère l’installation de ces nouveaux venus, s’estimant spoliés de leurs terrains de transhumance. Une seconde fois, ils doivent se replier sur Ajaccio. Après quatre années d’exil, ils reprennent le chemin de Cargèse où les hostilités de la population Corse finiront par s’atténuer à partir de 1830.

De cette épopée, il reste une originalité : les deux églises où les offices ont lieu alternativement dans l’une ou l’autre, tantôt selon le rite catholique, tantôt selon le rite orthodoxe.

Nos bonnes adresses

"Alex"
Alex à la guitare
"Voiture Alex"
Une voiture aussi originale que son propriétaire.

« Chez Alex » c’est le restaurant incontournable de Monaccia d’Aullène !

Typique à souhait avec ses saucissons et ses jambons pendus au plafond et un inimaginable bazar.

On y trouve de tout et même des armes, plus un homme-orchestre qui fait la cuisine, assure le service et l’animation : guitare et histoires drôles, plus ou moins réalistes au programme, mais là, on laisse à chacun le loisir d’y croire ou non !…

L’accueil est chaleureux, la terrasse très sympa, on y mange sur une grande table, à partager entre amis ou avec des clients qu’on apprend à connaître.

La cuisine est locale, plutôt bonne mais le prix est un peu surfait si l’on ne considère que le contenu de l’assiette. Si on y ajoute l’ambiance et la gouaille du personnage, on peut y trouver son compte pour un dîner. Tél. 04 95 71 85 97

– L’auberge du Sanglier à Zonza, une adresse à ne pas manquer, dans l’Alta Rocca. On peut y déjeuner à l’intérieur ou en terrasse. Les menus font la part belle aux plats typiques de la Corse. Les assiettes sont bien garnies et le service parfaitement orchestré. Tél. 04 95 78 67 18

Provisions de bouche…

Lorsqu’on parle de la Corse, on a tous en mémoire, son excellente charcuterie. Mieux vaut privilégier les petits producteurs de montagne, ceux qui n’ont plus grand-chose à vous vendre en fin de saison touristique. Dans les lieux trop courus, certains commerçants, peu scrupuleux sont en effet, tentés de faire venir des produits d’ailleurs, souvent d’Italie, pour compléter les stocks.

Idem pour les fromages et les Canistrellis, des biscuits secs à l’anis, aux amendes, au citron… !

Infos pratiques

  • Traversée : Corsica au départ de Toulon, avec la voiture embarquée.
  • Hébergement Guestoguest (C’est un réseau mondial d’échange de maisons). Deux solutions : soit on échange directement sa maison ou son appartement avec une personne (ou un couple avec ou sans enfant) qui veut venir chez vous et si vous souhaitez allez chez elle ; soit vous accueillez ces mêmes personnes contre des “guestpoints” que vous échangerez ensuite contre un logement chez des personnes qui acceptent l’échange dans le lieu où vous aimeriez séjourner. C’est quasiment gratuit (en dehors d’une sorte assurance), convivial et cela permet d’être hébergé, sans échange d’argent, quasiment partout dans le monde. A Monaccia d’Aullène, nous avons échangé quelques centaines de points contre un logement mis à notre disposition par un jeune couple Québécois/Corse fort sympathique. https://www.guesttoguest.com/en/

 

 

 

 

 

 

Secotine

Journaliste-écrivain témoin attentive des palpitations du monde.