Le Guatemala, un pays extraordinaire

Encore authentique, le Guatemala séduit par ses fabuleux paysages, la richesse de la culture Maya et la gentillesse de ce peuple.

Mystérieux et envoûtant, tel est le Guatemala

Marché au fleurs Chichicastenango
Marché aux fleurs sur le parvis de l’église à Chichicastenango.

C’était en décembre 2012. Nous venions de poser les pieds sur le sol guatémaltèque quand se sont annoncées les festivités liées au 13ème Baktun. Cet événement marquait la fin d’un grand cycle, un changement d’ère, la fin d’un monde pour le peuple Maya.

Plongés directement dans ce contexte, nous ne pouvions que nous intéresser à ce peuple qui a su maintenir vivantes sa culture et ses traditions.

Nous sommes restés trois ans au Guatemala. Cela peut paraître beaucoup mais il y tant à voir et à découvrir dans ce pays, qui fut longtemps rongé de l’intérieur par la guerre civile. Même si tout n’est pas parfait, le pays a retrouvé une certaine stabilité, qui permet à tous et notamment à la population Maya, d’espérer des jours meilleurs.

Ce peuple, majoritaire au Guatemala, a en effet payé un lourd tribut à cette guerre intestine. Des villages entiers furent massacrés et bien que les plaies ne soient pas toutes cicatrisées, les Mayas retrouvent peu à peu leurs droits.

Une découverte au fil des rencontres et des observations.

Fières et discrètes, les femmes maintiennent vivantes la culture du peuple Maya.
Semaña Santa Antigua Guatemala
Défilé pendant la semaña Santa à Antigua

Ce qui nous a d’abord frappés, c’est la joie de vivre, le courage souriant, la bienveillance associée à la fierté d’un peuple, qui ne doit rien à personne. Tout à la fois, attentifs et discrets, les Mayas œuvrent simplement dans la bonne humeur, consciencieux, presque effacés mais toujours accueillants.

Après la curiosité suscitée par le 13ème Baktun, les très médiatiques processions de la semaña Santa à Antigua ne pouvaient qu’éveiller notre curiosité. Pendant la semaine qui précède le jour de Pâques, les défilés et les manifestations impressionnent par la ferveur de tout un peuple.

Dans cette ville, où se côtoient une bonne trentaine d’écoles de langue, nous en avons profité pour perfectionner notre espagnol tout en découvrant chaque jour un peu plus le monde Maya, surtout celui des femmes, séduits par le chatoiement de leurs tenues vestimentaires traditionnelles. Quelques soit leur fonction et leur niveau d’éducation, elles sont omniprésentes, maillon essentiel de la société. Vendant des tissages dans la rue ou se regroupant en coopératives pour valoriser leur travail et le proposer à sa juste valeur aux touristes, dispensant des cours d’espagnol dans les écoles de langue, elles sont à la fois la mémoire et l’avenir de leur peuple.

Un attrait pluridimensionnel

4 x 4 Izuzu Trooper
Le 4 X 4, idéal pour les pistes et les routes parfois endommagées..
lac Izabal Guatemala
Mouillage sur le lac Izabal

N’ayant qu’une petite ouverture sur la mer des Caraïbes, le Guatemala n’offre, au niveau navigation, que la beauté du Rio Dulce et la tranquillité du lac Izabal.

De fait, nous avons très vite délaissé le voilier pour un 4 x 4, loué la première année puis acheté l’année suivante avec tous les tracas administratifs qu’occasionne un véhicule à l’origine importé des Etats-Unis par un propriétaire qui s’était peu soucié des formalités à accomplir !

Mais cette vieille Izuzu Trooper, qui affichait allègrement ses vingt ans, était idéale pour découvrir ce pays. Elle passait partout, sur les routes comme sur les pistes boueuses. N’affichant aucun luxe ostentatoire, elle se fondait dans le parc automobile local.

Itinéraire

Sans but précis, nous sommes partis à la découverte de sites archéologique tels que Uaxactum et de Yaxha dans la forêt tropicale du Peten.

Tissage d’un huipile, la partie haute de la tenue traditionnelle des femmes Maya

Mais c’est essentiellement le monde des vivants qui nous a passionné : Nébaj en territoire Ixil ; Coban et Santa Cruz de Quiche ; le lac Atitlan avec ses villages de Santa Catarina Palopo et San Antonio Palopo réputés pour leurs tissages ; Chichicastenango et son célèbre marché aux fleurs sur les marches de l’église, qui accueille sans discrimination, les cérémonies Chrétiennes et Mayas ; Quetzaltenango et le marché traditionnel de San Francisco el Alto ; Zunil et son étonnante cofrada qui vénère un personnage très ambigu appelé ici San Simon et ailleurs Maximon ; les saunas naturels (vapeurs du volcan) à las Cumbres… http://lascumbres.com.gt/ 

Dans ce pays où la guerre civile fit des ravages dans la population Maya pendant plus de trois décennies, la vie reprend ses droits, faite de courage, d’entraide et de débrouillardise. Nous avons vu tous les hommes d’un village se mobiliser pour poser une canalisation. Nous avons suivi un jeune guide d’une douzaine d’année sur le site d’Uaxactun. Formé par les archéologues qui travaillaient à la restauration du site, il connaissait parfaitement son sujet et ce petit boulot de guide (peu de touristes vont jusqu’à Uaxactun) lui permettait de financer sa scolarité.

Encore peu présent dans la vie politique, le peuple Maya s’affirme progressivement dans le développement économique, la vie culturelle et touristique. Dans certaines villes, comme à Chichicastenango, on trouve une municipalité Maya à côté de celle mise officiellement en place par le pouvoir. Ailleurs, les indigènes ouvrent des hôtels, des posadas…

A la portée de tous

finca-paraiso-1
La finca Paraiso sur les bords du lac Izabal
vêtement traditionnel femme Guatemala Atitlan
Tenue vestimentaire d’une femme vivant sur le bord du lac Atitlan.

Côté hébergements touristiques, le Guatemala est bien pourvu en hôtels de différentes classes et en posadas (chambres d’hôtes)… Voyageant avec Eliot, notre petit bichon maltais, nous avions parfois un peu de difficultés à trouver un hébergement acceptant les animaux, mais en anticipant un peu – la veille pour le lendemain – nous avons toujours pu nous loger, notamment dans les hôtels et les posadas tenus par la population Maya.

Pour ceux qui arrivent en avion et ne possèdent pas de voiture, les villes sont desservies par les services de bus. On peut aussi louer facilement tout type de voiture. Mieux vaut cependant opter pour un 4 X 4, qui autorise toutes les aventures.

Côté sécurité, nous n’avons jamais eu de problème, mais habitués aux pays d’Amérique latine nous ne portons pas de bijou de valeur, ni aucun signe ostentatoire de richesse.

Certains quartiers de Guatemala Ciudad sont à éviter, mais certains arrondissements de Paris ou de Marseille ne valent guère mieux ! Il suffit d’écouter les autochtones pour connaître les lieux où il ne faut pas aller et ceux dans lesquels on peut circuler sans problème.

Au fil des semaine et des mois, nous vous raconterons dans le détail, les étapes de cette formidable aventure guatémaltèque…

Guide Routard Guatemala
L’incontournable guide du Routard
Guide Gallimard Guatemala
Guide Gallimard Guatemala Belize Yucatan

Nos indispensables guides de voyage

Paru en mars 2006, réédité en janvier 2008, le guide Gallimard date un peu mais c’est notre préféré : Guatemala, Belize, Yucatan, bibliothèque du Voyageur. Il ne recèle que peu d’adresses utiles et reste de fait indémodable. Mais c’est une mine au niveau des informations culturelles et sur l’histoire du peuple Maya établi sur ces trois territoires.  De plus, les magnifiques photos de ce guide encouragent et facilitent grandement la découverte.

Guatemala, Yucatan, Chiapa par le Routard est complémentaire du premier. Très peu illustré, il est par contre riche en informations sur les hôtels, posadas, restaurants et autres détails pratiques qui comblent de bonheur les voyageurs à la recherche d’un lieu pour dormir, se restaurer ou se divertir.

Nous avions également emporté une plaquette “liseuse”, suffisamment performante pour intégrer un GPS, très utile dans certaines circonstances. Il suffit de charger au préalable les cartes des pays que l’on souhaite visiter.

 

Secotine

Journaliste-écrivain témoin attentive des palpitations du monde.