L’orchidée, star des fleurs passion

L’orchidée fait partie d’une grande famille représentée par 800 genres et 28 000 espèces sur l’ensemble de la planète sauf en Antarctique et dans le désert de l’Eurasie. De la France au Panama, de la Guadeloupe au Costa Rica en passant par Curaçao, rendez-vous avec cette belle exotique. 

Une grande séductrice nommée Orchidée

Orchidée île de Curaçao
Dans la réserve située au nord de l’île de Curaçao, cette orchidée ne se rencontre que si l’on prête attention à la flore. Elle est minuscule.

En 2003, paraissait l’ouvrage “L’érotisme au jardin” de Jean-Paul Pigeat, le créateur du Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire. Bien qu’il fasse essentiellement référence à l’ambiance des jardins d’autrefois et à leurs facultés à éveiller les sens, l’auteur mettait aussi l’accent sur les formes tendancieuses de certaines fleurs et notamment sur leurs organes reproducteurs.

Faut-il rappeler à ceux et celles qui n’ont jamais fait de grec qu’orchidée vient de orchis qui signifie testicules. Ce patronyme lui fut donné en référence à la forme évocatrice de ses tubercules.

Orchidée jardin de Lancaster Costa Rica
Au jardin de Lankester, au Costa Rica

Subjective à tous les niveaux, l’orchidée possède aussi un pétale inférieur d’une beauté remarquable, le labelle qui signifie petite lèvre. 

Parée dès son origine d’un certain érotisme, la star des fleurs a toujours déclenché des passions, qui parfois se sont révélées dangereuses pour les hommes qu’elle a séduits ou pour la forêt qui l’abritait. Les orchidées épiphytes vivant au sommet des arbres de la forêt tropicale humide, on raconte que certains amateurs n’auraient pas hésité à faire abattre les arbres pour les atteindre. Des dizaines de naturalistes ont ainsi écumé le globe à la recherche d’une orchidée toujours plus belle.

La plus originale, l’orchidée bleue fut découverte par Thomas Lobb, dans la jungle des Philippines. Né en 1811, ce botaniste britannique prospecta en Inde en Indonésie et aux Philippines. En 1845, il découvrait la première orchidée du genre Phalaenopsis, à 1500 mètres d’altitude, à l’est de l’Himalaya. Des mots grecs Phalène et opsis signifiant “qui a l’aspect d’un papillon”, les Phalaenopsis figurent aujourd’hui parmi les orchidées les plus cultivées au monde et les plus communes comme plantes d’appartement.

Séductrices par nature et mauvaises mères

Orchidée Santa Fe Panama
Orchidée des forêts tropicales panaméennes.

Comme elles ne peuvent pas se déplacer, ces séductrice nées se parent de tous les atours pour capter l’attention. Elles possèdent la plus importante gamme de fragrances au monde, mais la plupart ne sont perceptibles que par les pollinisateurs.

Les orchidées savent aussi jouer de mimétisme. Certaines variétés imitent à la perfection les couleurs des abeilles femelles pour attirer les mâles.

Et si cela ne suffit pas, elles sont aussi capables de s’auto-polliniser, l’étamine se courbant vers le pistil pour y déposer le pollen.

Ces charmeuses, qui maîtrisent parfaitement l’art de la séduction, sont en revanche de piètres mères. Elles produisent de minuscules graines dépourvues de réserve pour se nourrir. De fait, pour se développer, elles sont contraintes de s’allier à un champignon souterrain pour que le mycélium déclenche le processus de germination en pénétrant dans la graine.

L’orchidée, fleur emblème du Panama

Peristeria Elat emblème du Panama
Emblème national du Panama

Regardez bien cette orchidée aux formes parfaites ! Voyez au centre de ses pétales ce petit pigeon blanc aux ailes déployées et vous comprendrez pourquoi son nom scientifique est Peristeria Elata qui signifie pigeon ailé. On l’appelle aussi la fleur du Saint Esprit.

L'orchidée star des fleurs passion
Un petit pigeon ailé

Cette  espèce, que l’on trouve le long des rivières et des fleuves du Panama, a été déclarée très officiellement “Fleur nationale” de ce pays, le 21 octobre 1986, par l’assemblée nationale.

Sa floraison s’étale de juillet à septembre et c’est précisément au cour de ce dernier mois qu’est organisée l’exposition de la “fleur du Saint Esprit”, par les habitants de Las Minas, un village situé dans la province d’Herrera.

Les experts affirment qu’il existe douze espèces de “fleur du Saint Esprit” à Las Minas et que c’est dans la province d’Herrera qu’elle est la plus belle.

Elle n’est cependant pas la seule séductrice présente à cette exposition. Les orchidéologues de Boquete, de la vallée d’Anton et de Santa Fé exposent de nombreuses autres variétés, même si la star de la fête reste incontestablement la Peristeria Elata.

Une passion née de l’observation de la nature

Maria Santa Fé Panama secrets d'orchidées
Maria, passionnée et observatrice
Orchidée Santa Fé Panama
Orchidée répertoriées par Maria

D’origine indigène, Maria a quitté son peuple pour s’installer avec son époux dans une petite ferme sur la commune de Santa Fé, au centre du Panama. Pour accéder à son domaine, il faut marcher pendant quelques kilomètres, mais l’effort est largement récompensé !

De ses origines, elle conserve la passion de la nature et un sens inné de l’observation qui l’a poussé à répertorier toutes les orchidées de la forêt tropicale.

Sans cesse à la recherche de nouvelles variétés, elle les cultive, les bichonne et les soigne avec tant d’intérêt qu’elle en connait tous les secrets.

Ses connaissances ont fini par interpeller les scientifiques et les laboratoires pharmaceutiques, qui lui rendent régulièrement visite pour tenter de percer les secrets de ces plantes si convoitées.

Bien qu’elle leur fournisse quelques indications, elles préfère largement discuter de ses protégées, avec le commun des mortels, de simples touristes un peu curieux, qui ne cherchent pas à tirer profit de ses connaissances, en dehors de celui d’apprendre. Et sur le sujet, elle peut être intarissable !

Le jardin Lankester, paradis des orchidées

ordhidée jardin Lankester Costa Rica
20% des orchidées du Costa Rica sont endémiques.
Jardin Lankester Costa Rica
Le jardin de Lankester cultive plus de la moitié des espèces natives du Costa Rica

Situé à 26 kilomètres au sud de San José au Costa Rica, dans la région de Paraiso, le jardin de Lankester fut créé par Charles Herbert Lankester, un britannique, passionné par les plantes épiphytiques du Costa Rica. Entre 1940 et 1969, il constitue un jardin dédié aux orchidées et collabore avec les plus grands experts du monde. Après sa disparition, il s’en fallu de peu pour que le jardin soit abandonné. Mais les amoureux des orchidées veillaient au grain !

Conscientes de l’importance de cette collection, l’université du Costa Rica en devient propriétaire le 2 mars 1973 avec  l’appui de la Société Américaine de l’Orchidée (the American Orchid Society) et du Consortium d’Horticulture Stanley Smith.

Surnommé “Le Paradi de l’orchidée” le jardin de Lankester cultive plus de 15000 orchidées d’environ 1000 espèces différentes, la plupart originaires d’Amérique centrale. C’est l’un des rares endroits où l’on peut acquérir une plante pour la ramener en France.

Bien qu’elle constitue la principale curiosité de ce parc de 11 hectares, l’orchidée n’est pas son seul centre d’intérêt. On y trouve également une belle collection de broméliacées, des succulentes et même un jardin japonais.

Site en espagnol  http://www.jbl.ucr.ac.cr/

Jardin botanique de Deshaies, en Guadeloupe

Jardin botanique de Deshaies
Orchidées dans leur environnement naturel.

Si Coluche pouvait nous conter l’histoire de ce jardin nommé régulièrement “le jardin Coluche”, il se moquerait volontiers de l’utilisation faite de son nom pour promouvoir l’endroit.

En réalité, ce jardin n’est pas une réalisation de Coluche mais un parc conçu à l’emplacement son ex-propriété, en Guadeloupe.

Le parc, créé initialement par l’ancien propriétaire, Guy Blandin a  été quasiment entièrement détruit par le  cyclone Hugo en 1989.
L’actuel parc a été réalisé par Michel Gaillard, un paysagiste  pépiniériste. Coluche lui avait demandé de s’occuper de sa propriété en contrepartie des terres utilisées pour créer une pépinière. Après le décès de l’humoriste, Michel Gaillard rachète la propriété et décide d’y créer un jardin botanique.

L’endroit est intéressant pour les nombreuses plantes tropicales présentées, dont quelques belles orchidées, mais les véritables amoureux de la nature n’y trouvent pas vraiment leur compte. Trop tape à l’œil avec ses cascades et ses flamants roses, le parc manque de naturel avec ses allées en béton. Le côté commercial de l’entreprise est par ailleurs trop présent pour séduire les puristes.

Succomber à la tentation de l’orchidée

orchidée dans une serre
L’orchidée apprécie les serres ou les vérandas.

Qu’il s’agisse d’une fleur offerte ou d’un achat impulsif,  environ 90 % des orchidées commercialisées dépérissent dans les semaines qui suivent leur acquisition, faute de soins adaptés.

La diversité et la fascination qu’exercent  les orchidées peuvent vous inciter à rechercher la plante rare. Attention, la plupart sont délicates et les conditions climatiques d’un appartement ou d’une maison sont rarement adaptées à leur culture.

Si vous n’avez ni serre ni véranda et la main “moyennement verte” le choix se limite aux hybrides des Phalaenopsis, qui sont les plus faciles à conserver et à faire refleurir.

Pour vivre, les orchidées ont besoin de lumière et de soleil, plus ou moins directs et surtout d’avoir les racines à l’air libre. Or les jardineries les vendent le plus souvent confinées dans un pot en plastique remplis d’écorce.

Pour conserver une orchidée en bonne santé, mieux vaut la sortir de son conteneur d’origine pour l’installer dans une coupe percée remplie d’écorces ou de liège, en laissant passer les grosses racines à l’extérieur. Inutile de la rempoter tous les ans mais seulement quand les racines débordent largement du pot, tous les deux ou trois ans, en moyenne.

Le tuteur n’est ps obligatoire pour la hampe, qui aura un port plus naturel si elle retombe gracieusement. Dans ce cas, le contenant devra être suffisamment lourd pour ne pas basculer et placé en hauteur.

Orchidée domaine du Gaziana
Orchidée, domaine du Gaziana.

Les orchidées apprécient particulièrement les vérandas et les serres chauffées mais pas la proximité des radiateurs, qui assèchent l’air. La température idéale se situe entre 18 et 21°.

L’été, elles se plaisent à l’extérieur, dans un endroit lumineux, à condition de ne pas être exposées directement en plein soleil.

Après la floraison, les avis divergent. Faut-il couper la tige à la base, ne rien couper ou tailler une partie de la hampe ? La meilleure solution semble celle qui consiste à couper juste au dessus du nœud, d’où une nouvelle hampe florale pourra peut-être s’épanouir. Après deux floraisons, si la tige est complètement sèche, coupez-la directement à la base.

Entre deux floraisons, la plante apprécie d’être un peu au repos. Pour satisfaire ce désir bien légitime, il suffit de placer l’orchidée dans une pièce à 15°,pendant environ trois semaines tout en réduisant les arrosages, qui seront quasiment nuls. Ce traitement de faveur devrait l’inciter à produire une nouvelle hampe.

L'orchidée
Si le pot est assez lourd pour ne pas être basculé par le poids des hampes, nul besoin de tuteur.

Les orchidées n’aiment pas le calcaire, mieux vaut les arroser avec une eau de pluie à température ambiante.

Les plus communes, les Phalaenopsis ont besoin d’être arrosées régulièrement, une à deux fois par semaine au printemps et en été, mais seulement deux fois par mois en hiver.

Pour connaitre leurs besoin en eau, il suffit de les observer. Si les racines deviennent grisâtres et ternes, il faut arroser. Si elles sont vertes et brillantes, la plante n’a pas besoin d’eau. Dans tous les cas, égouttez bien le pot, ne laissez jamais d’eau dans la soucoupe, cela entraînerait le pourrissement des racines. Évitez également de mouiller le cœur et le feuillage. Par contre ce dernier peut être humidifié, chaque jour, avec un brumisateur de façon à maintenir une atmosphère humide.

Les orchidées se satisfont de peu de nutriments. Elles n’ont besoin que d’un peu d’engrais lorsque poussent de nouvelles feuilles ou la hampe florale.

Informations pratiques

Secotine

Journaliste-écrivain témoin attentive des palpitations du monde.